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Depuis 1974, l'aventure d'Artisans du Monde se décline à Paris 9 et ce, notamment grâce à l'action de tous ses bénévoles. N'hésitez pas à venir nous rencontrer !

Artisans du Monde Paris 9
20, rue de Rochechouart - 75009 Paris
Métro Cadet (ligne 7)
01 48 78 55 54
Horaires : du lundi au samedi de 11h à 19h


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LES BENEVOLES ONT LA PAROLE

Les CHW (Community Health Workers = agents de santé communautaire),
artisans du développement durable en terme de santé au premier plan
mais aussi en terme de développement villageois en un sens plus large.
Le mode de fonctionnement du CHW dans « sa » communauté est à la fois
totalement intégré et en même temps transgressif (il apporte la
médecine « moderne », il empiète sur les terres des Quacks, il
enfreint partiellement par son message et son activité certaines
croyances et convictions locales ou certains préceptes religieux tels
que compris ici, il participe d'une certaine manière au « birth
spacing » à l'intérieur d'une activité de planning familial).

Sa connaissance en terme de préparation à l'éducation à la santé des
villageois est un outil de développement durable qui se nourrit aussi
des contacts noués avec tous les villageois (du chef au fermier), et
de l'observation des conditions de vie de chacun avec toutes les
difficultés matérielles et autres qu'elles comportent.
Le CHW participe largement à des plaidoyers villageois. Il est aussi
au centre d'un réseau qui lui donne l'occasion de confronter son
expérience à celle des autres. Il n'en reste pas moins un villageois
comme les autres, parfois simple fermier ayant fait le choix d'un
engagement communautaire fort.

Son travail en dehors de l'activité de CHW n'a rien de spécifique
(propriétaire de commerce, chef de village, pêcheur, fermier…) Par
cette activité, il n'apporte rien de spécifique à sa communauté sinon
une part de travail et une bouche à nourrir supplémentaires. Par ses
connaissances acquises ou « autonomes » de CHW (parfois par une
certaine « maïeutique » de la connaissance de santé), le détenteur du
titre villageois peut modifier son activité principale à l'aune de ses
connaissances spécifiques. De là à devenir un fermier physiocrate, il
y a loin, mais l'interpénétration des savoirs n'est pas totalement
illusoire.

Sa survie au sein de la communauté est cependant soumise à une
certaine « compétition » vis-à-vis d'autres acteurs se prétendant de
la santé et vis-à-vis de la pression d'éléments extérieurs. On lui
demande d'être exemplaire. Il doit montrer par sa propre vie qu'il
applique les conseils de santé qu'il dispense. Mais son « régime » de
vie est pauvre… il doit donc pouvoir prouver le bien fondé de son
message avec peu de moyens. En cela, il est soumis aux aléas et à des
sources de revenus inconstantes. Il n'est donc aucunement le notable
que pourrait être le médecin mais un simple repère villageois. Soumis
à diverses pressions (dont le travail forcé parfois), il peut être
tenté de « rendre » son tablier. La « sécurisation » de son parcours
d'agent de santé est ainsi un véritable défi.

(A suivre…)

Cela va faire une semaine que je suis parti... après les travaux de peinture de la boutique, et pour ne pas retomber dans la routine, il fallait bien trouver quelque chose à faire de mieux payé (que la peinture) et moins dangereux...

J'ai donc décidé de prendre mon sac à dos et de partir pour la Birmanie afin d'apporter mes compétences de peintre (et accessoirement de médecin) au service des "bénéficiaires" que sont les birmans, dont le système de soin (et les peintures sur les immeubles) laissent à désirer...

Bon d'accord, que le couvre feu soit décrété à peine une semaine après mon arrivée n'était pas prévu au programme...
Peut-être a t'on cru ici que mes aptitudes à la peinture allaient mettre en danger l'économie nationale. Je ne suis pourtant pas une horde de plombiers polonais à moi tout seul quand même (même si avec Joël nous avons "abattu" - façon de parler - le travail de 50 ouvriers maliens dans la boutique ce mois d'août). J'espère que ce texte ne sera pas censuré... ;-))

En tout cas, tout va bien ici. Les birmans sont gentils, fidèles à leur réputation. Les birmanes sont jolies. La bière n'est pas trop leur truc (tans pis Gilles, tu viendras plus tard...). Par contre, il y aurait une vraie mine d'artisanat à exploiter ici pour le commerce équitable... Pour les clients qui demandent souvent des bouddhas, cela pourrait être une filière non négligeable. D'autres produits plus "psychédéliques"... mais cela est une autre histoire...

A bientôt pour les suites des aventures de Kiki en Birmanie...

Vendez bien, et avec le sourire commercial bien entendu...

Cordialement,
Amitiés

Yves


 

 

Que signifie pour moi être bénévole à Artisans du monde ? Il est difficile de répondre, mais en tant que Colombienne dans une boutique parisienne, on me pose souvent la question. Une rapide présentation de mon pays et de ma vie à Bogota avant de répondre.

En Colombie, le sujet du commerce équitable est récent et l’intérêt pour celui-ci a augmenté durant les dernières années étant donné la proximité du Traité de libre Commerce (TLC) que la Colombie veut signer avec les Etats-Unis et d'autres pays de l'Amérique latine. Ce traité a produit diverses mobilisations des autochtones et des paysans. Une des plus grandes mobilisations a été "La Marche Nationale des Semences" le 14 avril 2005 où différentes organisations sociales ont manifesté leur rejet au TLC et ont sollicité un changement de mentalité pour un commerce plus équitable.

Je me rappelle ce jour où j'ai vu arriver à Bogota des "torrents » de personnes. Pour moi, et pour Bogota en général, ce fut une révélation. Jusqu'à ce moment je ne comprenais pas les effets que peut avoir le commerce sur les paysans de mon pays. Mais surtout, à partir de cette marche, ce n'était plus un problème qui ne concernait qu’eux, mais ma vie également. Cette réflexion m’a amené à faire ce que je considère comme nécessaire pour changer les conditions de mon pays. Je me suis alors engagée dans une ONG colombienne comme « coordinatrice de projets de coexistence ». J’ai alors pu aider à améliorer les conditions de travail dans des entreprises et des collèges de Bogota à travers la mise en place de stratégies de « coexistence » pour un changement social profond.

Quand je suis arrivée en France, j'ai eu la chance de rencontrer Laure et Camille bénévoles d'AdM. Et comme on dit en Colombie "rien n’est du au hasard". L'occasion de continuer à travailler pour améliorer les conditions des pays du cône sud (même si ADM n’a pas de partenaires en Colombie) m’a été donnée et ainsi, peu à peu, en tenant compte des barrières de la langue, j'ai connu le système d'AdM Paris 9.

Je peux maintenant répondre à ce que signifie pour moi être bénévole à AdM. Pour moi, c'est l'occasion de savoir que dans d'autres pays du monde, le changement social est un sujet important : des personnes donnent du temps et s’engagent avec une forte volonté pour améliorer la vie de personnes qu'elles ne connaîtront probablement jamais. C'est l'occasion de croire que la solidarité existe et que l’engagement social est possible par des actions concrètes. Ceci a une valeur infinie pour moi, et comme bénévole d'AdM je suis encore plus profondément convaincue que les petites actions font la différence.

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