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"Commerce équitable et organisations de producteurs : le cas des caféiculteurs andins au Pérou, en Equateur et en Bolivie", par Virginie Diaz Pedregal, éd. l'Harmattan, 2006, 288 P.

            "L’ouvrage de V. Diaz, issu d’un travail de recherche, constitue une analyse approfondie du fonctionnement et de l’apport du commerce équitable à partir de l’étude des producteurs de café au Pérou, en Equateur et en Bolivie.

            Dans le premier chapitre, l’auteur retrace le contexte dans lequel le commerce équitable s’implante dans les pays andins : celui d’une riche tradition coopérative qui existait déjà et qu’il va prolonger. Auparavant protégée, cette forme d’organisation entre en crise dans les années 1990 avec la libéralisation des échanges, le désengagement de l’Etat et le terrorisme.

C’est dans ce contexte que la capacité du commerce équitable à faire sortir les producteurs de la dépendance et de la misère doit être évaluée. V. Diaz se livre alors à une analyse fine et approfondie du fonctionnement, des pratiques et des modes de commercialisation de ces organisations. Elle montre bien comment l’association permet à ses membres de prendre conscience de leur intérêt commun pour échapper à des circuits économiques injustes mais également leur réticence à partager avec des acteurs extérieurs les bénéfices d’une telle organisation collective.

Pour assurer leur pérennité dans un univers incertain, les organisations qui ont réussi sont effectivement celles qui sont parvenues à créer un sentiment d’appartenance commune, gage de mobilisation au travail, de confiance et d’implication dans l’association. Au Pérou, ce sentiment de confiance est plus répandu qu’en Bolivie où, de ce fait, la situation des coopératives est plus délicate. Les organisations paysannes ont d’autres stratégies de durabilité plus classiques et qui rencontrent les critères du commerce équitable (qualité du produit, respect de l’environnement, etc).

Enfin, le dernier élément essentiel pour juger l’apport du commerce équitable est l’étude des effets de la répartition du bénéfice équitable sur les organisations. L’auteur, là encore, se livre à une analyse fine des modes de répartitions et des effets de cette prime.

Il en ressort qu’à l’échelle du petit producteur, son impact est certain en matière d’augmentation de ses revenus, permettant de dépasser la misère voir de scolariser les enfants. Il rend également possible la technicisation de l’agriculture, facteur de compétitivité. Au niveau de l’organisation, l’on retrouve la question de la confiance comme élément essentiel, qui permet aux organisations fonctionnant bien d’investir dans des projets de développement et d’avoir accès à l’aide internationale. Au 3ème niveau, celui du pays de production, le commerce équitable favorise l’émergence d’organisations collectives, de représentation nationale et de mouvements revendicatifs.

            Le commerce équitable a fait l’objet de divers critiques. Il apparaît, au terme de cet ouvrage, que l’apport du commerce équitable est complexe, pluriel et critique, ce qui empêche d’enfermer son évaluation dans des jugements univoques, comme toute initiative d’économie solidaire."
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